MARX Roger La Loïe Fuller. Estampes modelées par Pierre Roche.

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Paris, Pierre Roche, 1904

In-4 (262 x 200 mm) de 2 ff. blancs, [25] pp. formés de 26 feuillets entrecollés, et 2 ff. blancs, illustré de 17 estampes modelées (dont le frontispice) coloriées. En feuilles, couverture illustrée, sous portefeuille cartonné de l’éditeur recouvert de papier Japon nacré, avec titre imprimé sur le premier plat (rabats et rubans absents).

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Ray, The Art of the French Illustrated Book 1700 to 1914, no. 386.

Édition originale.

Illustrée de 19 estampes modelées en couleurs de Pierre Roche dont celle de la couverture, en deux parties se prolongeant pour recouvrir les deux plats, et des plus remarquables par ses tons crèmes et mordorés. L’ouvrage est un vibrant hommage à la célèbre danseuse américaine qui fascinait le monde entier par les déploiements de voiles et les éclairages colorés dont elle accompagnait ses danses. Pierre Roche tout en étant son portraitiste favori fut le confident artistique et quelquefois l’inspirateur de la danseuse dès 1894.

Elève de Rodin, Pierre Roche, de son vrai nom Fernand Massignon, sculpteur de talent (une œuvre gigantesque de lui trône dans le jardin du Luxembourg) médailleur et aussi céramiste, est l’inventeur de ce nouveau procédé qu’il nomma « gypsographie »; c’est une sorte de gaufrage d’après un moulage de plâtre, sur lequel on comprime à l’aide de la main (les empreintes des pouces sont parfois visibles) un papier humidifié, qui tout en absorbant l’encre épouse également le modelé. Les effets obtenus sont des plus étonnants, bizarres et précieux à la fois, et tiennent tout autant de la sculpture que de la gravure. Ce gaufrage d’une image illustrant un texte imprimé paraîtra paradoxal, la cohésion, la belle architecture sur le plan de la page formant d’habitude l’essentielle beauté du livre (Bersier in La gravure, les procédés, l’histoire). Après s’être intéressé à la céramique et après avoir travaillé le plomb fondu, il se passionna en d’arides recherches d’impression sur papier métallisé et exécuta de nombreuses gypsographies. Parmi ces dernières et les plus réussies il faut rappeler les illustrations pour la Loïe Fuller de Roger Marx, véritable tour de force bibliophilique, en raison des difficultés de la mise en page et du tirage. (Edouard-Joseph: Dictionnaire des artistes contemporains).

Ce livre est également la première application du caractère dessiné par Georges Auriol en « Italique », gravé et fondu par Peignot. Tirage unique à 130 exemplaires nominatifs (celui-ci imprimé pour Roger Galichon) et numérotés sur papier vélin. Etrangement le nom de la société des Cent Bibliophiles n’apparaît pas; se trouve juste mentionné sur l’achevé d’imprimer le nom de leur président Eugène Rodrigues (auteur par ailleurs sous le nom de Ramiro d’un catalogue de l’œuvre gravé de Ferdinand Rops). Pourtant, cet ouvrage, édité une année après l’A Rebours d’Auguste Lepère par la même société de bibliophiles, avec un tirage similaire, est d’une bien plus grande difficulté à rencontrer.

La présence en supplément de 12 tirages à part des gypsographies est donc particulièrement précieuse, surtout qu’ils présentent des variantes dans les teintes et également dans les dimensions: ainsi celle à pleine page est-elle dans la planche supplémentaire en plus grand format, elle est signée par l’artiste au crayon à papier et porte le fin cachet rouge d’un collectionneur au monogramme HL inscrit dans un cœur; il s’agirait donc vraisemblablement d’épreuves d’essai ajoutées, correspondant aux pages 7 à 16, et 20 à 25. Une carte autographe jointe signée de Roger Marx à André Marty où il est question de L’Estampe originale que celui-ci dirigeait, de l’ouvrage La Loïe Fuller auquel il travaille, et de l’arrivée à Paris dans une quinzaine de jours de la danseuse américaine.

« This little-known volume is like nothing of its time. Published for les Cent Bibliophiles under the patronage of Eugène Rodriguez; is illustrated with ‘sculptural prints’ after Pierre Roche, apprerently from relief plaster models, printed with touches of color against grey background. The most substantial and impressive of its design is that for the cover. The dancer, who had come to Paris in 1892, figures frequently in the psoters of Chéret, Toulouse-Lautrec, and other artists of the period. Fifty years later Friedrich Ahlers-Hestermann wrote of ‘Loïe Fuller who, whirling on her own axis like a corkscrew or a spinning top, with countless yards of veil-like materials shining in colored light like an iridescent Tiffany vase, became in her increasingly audacious serpentines, a gigantic ornament’. In other words, she was the very symbol of Jugendstil, the embodiement of Art Nouveau » (Ray).

Provenance: Roger Galichon (exemplaire nominatif). Roger Galichon (1856-1918), légua au Louvre la collection de dessins de son père, Émile-Louis Galichon (1829-1875), propriétaire de la célèbre Gazette des Beaux Arts dont il fit l’acquisition en 1863.

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