FRANCHIERES Jean de La Fauconnerie de F. Ian des Franchieres, grand prieur d’Aquitaine… avec une autre fauconnerie de Guillaume Tarif… Puis la vollerie de messire Artelouche d’Alagona… D’avantage un recueil de tous les oiseaux de proyes, servans a la fauconnerie et vollerie.

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Poitiers, par Enguilbert de Marnef , et les Bouchetz frères, 1567

In-4 (220 x 155 mm) de 6 ff.n.ch., 160 pp. ; 2 ff.n.ch., 96 pp. ; 1 f.n.ch., 37 pp. ; 64 pp. Veau moucheté, dos à nerfs ornés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

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Schwerdt, I, 184 ; Thiébaud, 428 (les deux avec collation erronée des feuillets préliminaires) ; Souhart, 194-195 ; Harting, 145 ; Frank, I, 284-286 ; Mortimer, French, 237 ; Brun, 192 ; Adams, D-327.

Première édition réunissant pour la première fois ces quatre textes consacrés à la Fauconnerie. Exemplaire avec la dédicace de Bouchet, tirage pour lequel Thiébaud note : « Les exemplaires avec la dédicace de G. Bouchet sont les plus rares” (Thiébaud).

Le texte de Franchières – publié auparavant vers 1531 (on en ne connaît que deux exemplaires offerts en vente publique : les exemplaires Pichon et Lignerolles) – est suivi de La Fauconnerie par Guillaume Tardif, puis de La Fauconnerie d’Arthelouche de Alagona. L’ouvrage clôt avec le quatrième texte, intitulé Recueil de tous les oyseaux de proye qui servent à la vollerie & fauconnerie, rédigé par Guillaume Bouchet.

Le privilège de cette édition fut partage entre Enguilbert de Marnef et Bouchet. Cet exemplaire est sorti des presses de Bouchet avec un titre se terminant avec le mot « Cassia », et avec 6 feuillets préliminaires, contrairement au tirage d’Enguilbert de Marnef qui n’en compte que 4 (voir détails donnés par Mortimer).

Le traité de Jean de Franchières (né dans le premier quart du XVe siècle, mort en 1488), composé d’après les manuscrits et l’enseignement de trois maîtres fauconniers – comme indiqué sur le titre de l’édition originale – avait été rédigé en 1484 à la sollicitation de Jacques du Fou, grand veneur de France, sénéchal du Poitou et lieutenant de Louis XI en Roussillon. L’ouvrage fut mis en lumière par le seigneur du Vigean, François du Fou, petit-fils du sénéchal (cf. Petit, Add., 38). Cest à partir de 1585 que le recueil de Franchières sera joint à la Vénerie de Du Fouilloux, au point d’en devenir, jusqu’en 1634, le supplément attitré.

« En Europe, et particulièrement en France, le déduite de vol, devenant un des passe-temps favoris des nobles, perfectionne, dès le IXe siècle, ses méthodes en même temps qu’il élabore son langage propre à l’aide, entre autres, des versions latines, puis romanes, des ouvrages assemblés de Moamin et de Ghatrif; qui plus est, ceux-ci serviront de base à tous les auteurs postérieurs qui y puiseront ou s’en inspireront. L’Anonyme des Livres du Roi Modus et de la Reine Ratio, celui du Livre du roi Dancus, d’Arcussia, de Franchières, Tardif et bien d’autres encore ne sauront s’affranchir de l’œuvre de nos deux célèbres fauconniers arabes ; preuves en sont, dans tous ces traités, les nombreux passages directement traduits du texte original de ces deux inconnus musulmans. On ne pourra donc s’étonner en constatant la frappante similitude qu’offrent, en langue de volerie, les expressions arabes et leurs équivalents en vieux français, celles-ci s’étant, le plus souvent, inspirées de celles-là. C’est cette similitude que nous avons, par ces quelques glanures ne pouvant prétendre à l’exhaustivité, tenté de mettre en relief, tout en conservant le souci de préciser le sens de plusieurs termes arabes dont les définitions, chez nos lexicographes, nous sont apparues souvent insuffisantes, lorsqu’ils y figurent, et de combler quelques lacunes. Le style de la langue française de fauconnerie, dans les expressions consacrées que nous donnons en italique, pourrait être taxé d’archaïsme si l’on oubliait que cette langue est unique, qu’elle n’a pas connu de rajeunissement et, partant, qu’elle reste le seul moyen d’expression de nos fauconniers modernes, dans leur entreprise de renaissance du noble déduit d’oiseaux » (François Viré, in : Falconaria Arabica. Glanures Philologiques. Arabica, 1962/no.2, pp. 158ff.).

L’illustration gravée sur bois est composée de 10 gravures pour Franchières, de 9 gravures pour Tardif, aucune pour Algona, et de 10 pour Bouchet. Les bois – répétées – montrent des variétés de rapaces (faucons, aigle, vautour, etc.).

Cette édition se rencontre rarement complet et en bel état. USTC localise un seul exemplaire du tirage de Bouchet en bibliothèques institutionnelles (Cambridge, Houghton Library), ainsi que 3 exemplaires du tirage de Marnef (Cambridge, Houghton ; Maryland, College Park; New Haven, Yale).

Très bon exemplaire, malgré un petit manque en bas du dos.

Provenance : Richard Heber (cachet; Londres, 14 juin 1834, lot 2203) – baron d’Offémont (note) – baron Pichon (1812-1896 ; ex-libris ; sa vente, Paris, 1897, Première partie, lot 687) – Marcel Jeanson (ex-libris avec cote “1425” ; Monaco, 1er mars 1987, lot 238, FF. 52.000 marteau) – H. Bradley Martin (ex-libris, vente 12-13 décembre, New York, lot 1555) – Yves Burrus (ex-libris).

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