Édition originale, très rare, imprimée par Robert Estienne.
ALAMANNI, Luigi
TITRELa Coltivatione di Luigi Alamanni al Christianissimo Re Francesco Primo.
Paris, Robert Estienne, 1546.
In-4 (207 x 136 mm) de 154 ff.ch. titre compris et 4 ff.n.ch. Maroquin noir, dos lisse, frises dorées à l’emplacement des nerfs, compartiments ornés de seize filets croisés formant losanges ; sur les plats, quatre filets encadrent un grand décor à entrelacs avec feuillages azurés et fleurons d’angle, dont la réserve centrale accueille le titre abrégé s’achevant par quatre S ; doubles gardes de papier dont l’une porte le filigrane PS dans un écusson, bordure intérieure rehaussée d’un filet or, filet et roulette sur les coupes, tranches dorées (reliure de l’époque).
50 000 
Brunet, I, 125 ; Renouard, p. 68, n° 22 ; Schreiber, 88 ; Mortimer (French) I, 10 ; Fairfax Murray (French), I, 3.

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Poème didactique en six livres du Florentin Luigi Alamanni (1495-1556), et l’un des meilleurs ouvrages littéraires sur les travaux des champs et l’art des jardins à la Renaissance.

 

L’ouvrage vit le jour en France, patrie d’élection d’Alamanni. En effet, cet ami de Machiavel entretenait des relations pour le moins conflictuelles avec le gouvernement de sa ville natale. Banni sous l’accusation d’avoir fomenté un complot contre le cardinal Jules de Médicis, le futur Léon  X, il se réfugia une première fois à Paris auprès de François Ier. En 1527, après la chute des Médicis, il regagna Florence ; mais suite à de nouveaux différents  –  il était favorable à des pourparlers avec Charles Quint après la paix de Cambrai, et hostile à la doctrine de la défense à outrance prônée par les Florentins  –, il s’exila définitivement en France. Il y vécut jusqu’à sa mort, survenue à Amboise, jouissant de la protection que François Ier et Henri II accordaient aux artistes et aux lettrés. Sa présence accrut l’influence de la culture italienne dans le royaume, et marque les poètes de la Pléiade.

 

Le poème La Coltivatione, inspiré des Géorgiques de Virgile, est sans conteste le chef-d’œuvre d’Alamanni qui, loin de se limiter à transposer son illustre modèle, a enrichi ses propres observations champêtres de digressions historiques ou mythologiques : éloge de la France et de la famille royale, évocation de l’âge d’or, panégyrique de Bacchus, lamentations sur le sort de l’Italie et les souffrances de l’exil, célébration des jardins de Fontainebleau.

 

C’est aussi le seul livre italien imprimé par Robert Estienne, et le seul volume du grand imprimeur entièrement composé avec ces caractères italiques particulièrement élégants.

 

Magnifique exemplaire, entièrement réglé, dans une remarquable reliure parisienne à décor d’entrelacs, strictement contemporaine de l’édition.

 

Pierre Bérès a rapproché cette reliure de celles réalisées pour le bibliophile Thomas Wotton : “Le petit fer azuré employé dans la partie centrale du décor et le fer employé aux angles du décor d’entrelacs géométriques sont identiques à ceux qu’on remarque, à la même époque, sur certaines des reliures exécutées à Paris pour Thomas Wotton, lesquelles appartiennent au premier groupe de reliures réalisées pour cet amateur anglais selon la typologie dressée par Howard M. Nixon. Mirjam Foot a avancé l’hypothèse qu’elles proviendraient de l’atelier du Pecking Crow Binder (The Henry Davis Gift, I, p. 143). En plus de l’identité de certains fers, on retrouve ici, sur les papiers utilisés comme gardes, le filigrane aux initiales PS dans un écusson dont H.M. Nixon a relevé la présence sur les gardes de plusieurs volumes issus du même atelier” (Broxbourne Library, p. 64).

 

Le volume est bien complet de l’épître à la dauphine (Catherine de Médicis) et du privilège de François Ier, pièces qui manquent parfois. L’errata, imprimé ici au verso du f. 154, ne se trouve pas dans tous les exemplaires.

 

Un ancien possesseur de l’ouvrage a copié de sa main sur une feuille de garde, au XVIIIe siècle, un extrait de la préface rédigée pour l’édition de 1738 par Gaetano Volpi, qui insiste sur l’importance et la rareté de cette première édition.

 

Cachet humide ornementé avec les initiales “S.W.” sur le titre ; étiquette avec monogramme “PB” au second contreplat.

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